Enseignements bibliques et développement personnel chrétien 

L'adoration dans le tabernacle

Introduction

Le tabernacle (appelé souvent « tabernacle  de Moise ») avait été construit par le peuple hébraïque pour rendre un culte à Dieu en lui offrant des sacrifices  (Hébreux 9/1). Ce tabernacle encore appelé  « tente d’assignation » c’est-à-dire un lieu de rencontre avec Dieu (Exode 40/1, Exode 25/22,6) est un sanctuaire que Dieu a choisi pour habiter au milieu de son peuple (Exode 25/8). La construction du tabernacle n’a pas été la volonté d’un homme, mais bien la demande expresse de Dieu avec des directives très strictes car Moise a fait construire ce tabernacle selon le modèle que Dieu lui a montré (Exode 26/30). Ce tabernacle terrestre construit dans l’ancienne alliance était une image des choses à venir dans la nouvelle alliance. 

 

I.Le tabernacle et son parvis : description et symbole

Le tabernacle ou la tente d’assignation n’est pas composé de 3 parties, mais plutôt de deux parties à savoir le lieu saint et le lieu très saint. Le parvis quant à lui est dressé autour du tabernacle (Exode 40/33).

En partant de  l’extérieur vers l’intérieur, on a :

 

1.Le parvis (Exode 27/9-19)

Il était vaste de 100 coudées de long et de 50 coudées de large (Exode 27/18).  Sa clôture était faite de teintures de fin coton retors, hautes de cinq coudées, suspendues par des crochets d’argent à des baguettes d’argent, lesquelles étaient fixées à des piliers reposant chacun sur une base d’airain et surmontés d’un chapiteau d’argent.

On entrait dans le parvis par une porte du côté de l’orient. A cette porte, il y avait un rideau de vingt coudées, bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors, en ouvrage de broderie, avec quatre colonnes et leurs quatre bases (Exode 27/16)

Cette porte est l’image de Jésus qui donne accès à la présence du Père (Jean 10/7-9, Ephésiens 2/18). C’est par son sacrifice à la croix, son sang versé que nous sommes justifiés d’entrer dans le royaume de Dieu (Romains 5/9).

Les couleurs du rideau du parvis (bleue, pourpre et cramoisi) rappellent ce sacrifice.  Le cramoisi (rouge) est la couleur du sang de Jésus versé pour nous. Le bleu renvoie aux  contusions qu’il a subies sur son corps (Matthieu 26/67) et qui laissent des marques bleues sur le corps dues à du sang coagulé. Le pourpre est quant à lui le résultat d’un mélange du cramoisi: ce qui nous rappelle que notre salut est dû à la fois au sang versé de Jésus mais également aux marques dans son corps.

Le rideau était composé de 4 colonnes sur ses 4 bases, symbole des 4 évangiles que nous connaissons (Matthieu, Marc, Luc, et Jean) qui nous retrace la vie de notre Seigneur sur cette terre et son sacrifice parfait pour nous. C’est uniquement par cet évangile annoncé par notre Seigneur que nous pouvons entrer dans le royaume de Dieu.

Le parvis contenait l’autel d’airain et la cuve d’airain.

 

1.1.L’autel d’airain ou de l’holocauste (Exode 27/1-8) 

 Il servait à offrir des sacrifices consumés par le feu. De forme carrée, il était constitué de quatre planches plaquées d’airain à l’intérieur et à l’extérieur. Il reposait sur une grille d’airain à quatre angles auxquels il y avait un anneau d’airain pour y introduire les barres de bois de sittim.

 

Ces sacrifices consumés par le feu, représentent les enfants de Dieu qui sont appelés à offrir leurs corps à Dieu comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui sera de leur part un culte raisonnable (Romains 12/1). En effet, nous devons offrir à Dieu nos membres, comme des instruments de justice, et à ne plus livrer nos membres au péché comme des instruments d’iniquité (Romains 6/13). Ce sacrifice se fait donc à chaque fois que nous obéissons à l’Esprit et non à la chair. 

Le feu par lequel le sacrifice de notre être est consumé représente le Saint-Esprit qui travaille à la sanctification de notre être pour nous rendre parfaits au jour de Christ (Romains 15/16). Ce feu représente aussi l’épreuve de notre foi par laquelle le Seigneur nous fait passer afin de nous rendre parfait (1 Pierre 1/7, Jacques 1/ 2-4).

1.2.La cuve d’airain (exode 30/17-21) 

 Se trouvant entre le tabernacle et l’autel d’airain, la cuve d’airain contient de l’eau servant aux ablutions des sacrificateurs. Ces derniers devaient se laver les mains et les pieds avec cette eau avant d’entrer dans la tente d’assignation pour faire le service et les sacrifices à l’Eternel (Exode 30/20). 

 La cuve était faite à partir de miroirs d’airain récupérés auprès des femmes (Exode 38/8).

L’eau de cette cuve est l’image de la Parole de Dieu qui nous lave et nous purifie (Ephésiens 5/26). Jésus a dit avoir purifié ses disciples par la Parole qu’il leur a annoncée (Jean 15/3).Il a également prié le Père de sanctifier ceux qui lui appartiennent par la Parole de vérité (Jean 17/17).

La cuve d’airain était faite de miroirs, encore image  de la Parole de Dieu qui est un miroir dans lequel nous nous examinons régulièrement (Jacques 1/23-25). Cette cuve d’airain renvoie donc à une sanctification quotidienne qui s’opère par le moyen de la Parole de Dieu tout au long de la vie chrétienne.

 

2.Le tabernacle ou la tente d’assignation

A l’entrée du tabernacle, est disposé un rideau bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors. Le rideau était supporté par cinq piliers de bois de sittim, plaqués d’or, reposant sur cinq bases d’airain (Exode 26/36-37). Remarquons que le rideau a les mêmes couleurs que celui du parvis.

Le tabernacle est lui-même fait de dix tapis (28 coudées de long et 4 coudées de larges chacun) de fin lin retors, et d'étoffes teintes en bleu, en pourpre et en cramoisi. Sur ces tapis sont représentés des chérubins artistement travaillés.

 

Le tabernacle est soutenu par des planches de bois d’acacia posés debout  (5 barres d’un côté, 5 barres de l’autre puis 5 barres du côté formant le fond vers l’occident).

Ce tabernacle terrestre construit de main d’homme était une image, une ombre du vrai tabernacle qui est quant à lui céleste, plus grand et parfait (Hébreux 8/5, Hébreux 9/11).

Dans la nouvelle alliance, c’est l’Eglise, l’épouse de Christ qui est le tabernacle de Dieu (Apocalypse 21/9-11, Hébreux 12/22). En effet, nous sommes la maison, le temple de Dieu (Hébreux 3/5-6 , 1 Corinthiens 3/16), sur lequel Christ est établi comme chef et ministre (Hébreux 3/6, Hébreux 8/2).

Ce véritable tabernacle encore appelé « la Jérusalem céleste » (Apocalypse 21/2-3) nous est  décrit dans Apocalypse 21/9-25.  Lorsque cette cité céleste descendra sur la terre, au renouvellement de toutes choses (lorsqu’il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre), ce sera là l’établissement du véritable tabernacle de Dieu au milieu de son peuple (Apocalypse 21/1-3).

Le tabernacle se compose du lieu saint et du lieu très saint.

 

2.1.Le lieu saint 

Il représente la première partie du tabernacle et contient la table des pains de proposition et le chandelier d'or

 

2.1.1.  La table des pains de proposition 

C’est une table de bois d’Acacia (2 coudées de long, 1 coudée de large, 1,5 coudée de hauteur) couverte d’or pur. Des barres d’acacia recouvertes d’or, servent à porter la table. Au total 12 pains de propositions sont y posés continuellement devant la face de Dieu (Exode 25/23-29).

Jésus est le vrai pain qui descend du ciel et qui nous donne la vie (Jean 6/32-33). Ce pain spirituel représente la Parole de Dieu par lequel l’enfant de Dieu se nourrit pour grandir. En effet, l’homme ne vit pas seulement du pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matthieu 4/4).

Alors que les lettres l’ancienne alliance sont posées sur des tables de pierre, celle de la nouvelle alliance sont posés sur les tables de nos cœurs (Hébreux 10/16, 2 Corinthiens 3/3). La table de pain de proposition est ainsi l’image de nos cœurs qui doivent recevoir en douceur la Parole (Jacques 1/21).

 

 

2.1.2.  Le chandelier d’or (Exode 25/31-40) 

Disposé en face de la table des pains de proposition ; il est fait d’or pur et composé de 6 branches et une tige. Sept lampes sont posées sur le chandelier de manière à éclairer en face.

Le chandelier positionné en face de la table des pains de proposition et l’éclairant, est l’image du Saint-Esprit qui donne la lumière à la Parole de Dieu.

La Parole sans la lumière (la révélation) de l’Esprit ne peut édifier. En effet, c’est la révélation de la Parole qui éclaire et donne l’intelligence aux simples (Psaumes 119/130). Avoir donc la connaissance théorique de la Parole de Dieu n’apporte aucune édification sans la lumière de l’Esprit, car c’est l’Esprit qui nous enseigne toutes choses (Jean 14/26).

Le chandelier d’or est surmonté de sept lampes qui éclairent continuellement. Cette une image du chandelier céleste qui avait été d’ailleurs montré à Zorobabel en vision (Zacharie 4/1-6). Ces sept lampes célestes devant le trône de Dieu ont été aussi révélées en vision à l’apôtre Jean dans Apocalypse 4/5 qui nous dit que ces lampes représentent les sept esprits de Dieu (à savoir : Esprit de force, de connaissance, de crainte de l’Eternel, de sagesse, d’intelligence, de conseil, d’amour : Voir dans Esaïe 11/2 et 2 Timothée 1/7).

Le parfum est le symbole de la prière des saints qui montent continuellement vers le trône de Dieu et qui sont pour lui ne offrande de bonne odeur (Apocalypse 5/8, Apocalypse 8/3-4). Le peuple de Dieu  était justement dehors en prière, lorsque le sacrificateur brulait le parfum dans le temple (Luc 1/10).

 

2.2. Le Lieu très saint

2.2.1. Le voile du lieu très saint (Exode 26/31-33) 

Il est fait de fin lin de couleur bleu, pourpre et cramoisi artistement travaillé, sur lequel sont représentés des chérubins. Il est posé sur 4 colonnes d’acacia couvertes d’or. Ce voile sert de séparation entre le lieu saint et le lieu très saint.

Il y avait une séparation entre le lieu saint et le lieu très saint par un voile dans le tabernacle terrestre.  Le Saint-Esprit montrait par-là que le chemin du lieu très saint n'était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle (terrestre) subsistait (Hébreux 9/8). Ce voile symbolisait la chair de Jésus (Hébreux 10/19). Christ étant mort à la croix, a ouvert désormais le chemin du lieu très saint, car le voile a été déchiré et ôté (Marc 15/38, 2 Corinthiens 3/16). Dans le tabernacle céleste, ce voile de séparation n’existe plus désormais.

Car Christ est venu comme souverain sacrificateur; il a traversé le tabernacle céleste plus grand et plus parfait et nous a fait au moyen de son sang, une libre entrée dans le sanctuaire  par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair (Hébreux 9/11, Hébreux 9/19-21).

 

2.2.2.L’autel des parfums (Exode 30/1-10)

Il est fait de bois d’acacia, couvert d’or pur et est de forme carré (1 coudée de long et de large). Le souverain sacrificateur y brûlait du parfum odoriférant, chaque matin lorsqu’il prépare les lampes. Il en brûlait aussi entre les deux soirs lorsqu’il arrange les lampes. Une odeur de parfum était ainsi continuellement répandue  devant la face de l’Eternel.

Le parfum est le symbole de la prière des saints qui montent continuellement vers le trône de Dieu et qui sont pour lui ne offrande de bonne odeur (Apocalypse 5/8, Apocalypse 8/3-4). Le peuple de Dieu  était justement dehors en prière, lorsque le sacrificateur brulait le parfum dans le temple (Luc 1/10).
 

 

2.2.3.L’arche de l’alliance (Exode 25/10-22) 

Elle est faite de bois d’acacia couvert d’or pur en dedans et en dehors. Cette arche fait 2,5 coudées de long, 1,5 coudée de large, et 1 ,5 coudée de haut. Il y avait dans l'arche un vase d'or contenant la manne, la verge d'Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l'alliance. Au-dessus de l'arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire.

 

L’arche construite au temps de Moise est l’image de l’arche véritable céleste qui est dans le temple de Dieu. On découvre cet arche céleste dans Apocalypse 11/19 : « Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l'arche de son alliance apparut ».

 

 

II.La supériorité de la sacrificature de Christ sur celui d’Aaron

Aaron le souverain sacrificateur n’était pas parfait dans ses fonctions, car il devait offrir des sacrifices pour lui-même. Il était l’image du parfait souverain sacrificateur qui est Jésus. Il est souverain sacrificateur non selon l’ordre d’Aaron, mais plutôt selon l’ordre de Melchisédek (Hébreux 5/10). Jésus est souverain sacrificateur à perpétuité sur la maison de Dieu et non pour un temps uniquement (Hébreux 7/3, Psaumes 110/4).

Jésus-Christ a traversé le tabernacle céleste non avec des sangs de boucs et de taureaux comme Aaron, mais plutôt avec son propre sang. Aussi, Aaron devait entrer chaque année dans le lieu très saint pour présenter à Dieu le sang qu’il offre pour lui-même et pour le peuple (Hébreux 9/7).  Quant à Christ, ce n'est pas pour s'offrir lui-même plusieurs fois qu'il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger;  autrement, il aurait fallu qu'il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice (Hébreux 9/25-26).

Dans l’ancienne alliance, ce sont les descendants d’Aaron et les lévites qui avaient la qualification pour exercer le service de sacrificateur. L’accès au tabernacle était réservé uniquement aux sacrificateurs, tandis que le parvis était accessible au peuple. On ne pouvait entrer dans le tabernacle que si l’on avait la qualification et l’onction de sacrificateur. Le tabernacle est donc un lieu bâtit sur le principe du sacrifice. Les sacrificateurs qui font le service entraient en tout temps dans le lieu saint, mais pas dans le lieu très saint (Hébreux 9/7). En effet, l’accès au lieu très saint était réservé uniquement au souverain sacrificateur qui pouvait y entrer seulement une fois par an en y portant du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple (Hébreux 9/7).

 

Dans la nouvelle alliance, nous tous qui sommes en Christ avons été faits sacrificateurs pour Dieu le Père (Apocalypse 1/6).

Nous pouvons donc nous approcher avec assurance dans le lieu très saint céleste, auprès du trône de Dieu, avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure (Hébreux 10/22).

 

Conclusion

Le tabernacle que fit construire Moise était un modèle miniature du vrai tabernacle céleste. Nous sommes, ce tabernacle céleste sur lequel Christ est établi comme souverain sacrificateur.  L’exercice de la sacrificature n’a pas cessé mais a simplement pris une dimension plus spirituelle. Nous sommes désormais les sacrificateurs de Dieu et le sacrifice que Dieu recherche est celui de notre propre personne. C’est cela la vraie adoration, le véritable culte que Dieu recherche.

Aussi, le plan de Dieu en mettant en place le  tabernacle était d’habiter au milieu de son peuple. Ce tabernacle représente l’épouse de Christ dont la figure est la Jérusalem céleste. Ce plan s’accomplira de façon parfaite au renouvellement de toutes choses, lorsqu’il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Cette Jérusalem céleste descendra du ciel et Dieu habitera de nouveau parmi ceux qui lui appartiennent.

 

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